Alors que les nations grondent et que chancèlent les royaumes,
Que les désastres se succèdent et que la terreur sévit partout ...
Pourquoi m'as-tu laissé ta marque?
C'est un fait établi qui ne surprend personne et que le monde s'entête à répéter pour ne plus en saisir le véritable sens. Il est tellement plus simple de regarder le monde, les yeux embués, de laisser le temps partir comme un courant et de se faire porter, ne comprenant rien et ne voulant rien comprendre. Les odeurs et les lumières ne traversent ni l'âme, ni le coeur, tout coule comme de la lave sur une surface si lisse que rien ne s'y accroche. La dureté du monde, de la vie, le dégoût que l'on ressent quand, pendant un instant échappé à notre conscience inattentive et impatiente, la vérité visqueuse et lumineuse nous saute a la gorge, tout cela est trop dur à accepter et à affronter. Les mots et les consciences sont des rubans qui glissent le long de leurs propres idées. Cet engourdissement que je ressens si fort quand, dans le noir, allongée les yeux fermés, la perspective de la mort, la vraie, celle que nous ne ressentons que si tard, se fait si réelle, si proche et si lointaine. Cette idée folle qu'il existe d'autres choses plus grandes, plus haut, que les ombres que nous croisons chaques jours nous sont finalement si similaires. Ces constatations hypocrites et inconscientes selon lesquelles il faut profiter de la vie tant qu'il est encore temps sont si vraies mais si fausses émises par des esprits qui vous demande dans la même seconde d'être responsable, fidèle et respectueux. Il est si charmant de se sentir la seule, l'unique, la clé des secrets et du bonheurs de quelqu'un, comme ces souvenirs sont douloureux quand leur simple idée évoque une si cruelle réalité. Vivre tant qu'on le peut, ne pas être sérieux et rire le plus possible, être ouvert aux autres, à leurs coups comme à leurs amours.
Les choses naissent, volent et meurent.